L’ETERNEL FEMININ

Mother and Child, Oil on Board
Mère et enfant, huile, 36"x42", © Robin Baring
 « Notre conscience trouve-t-elle son origine dans la conscience plus vaste du cosmos? Notre cerveau est-il un véhicule, tout comme toute vie planétaire est le véhicule de cette conscience cosmique ? Le cosmos est-il la source ultime de nos pensées, de nos sentiments, de notre imagination fertile, de notre créativité, de notre génie musical ? Ce sont les questions auxquelles la science ne peut pour le moment pas répondre, pourtant les anciennes traditions des anciennes civilisations ont beaucoup à nous proposer. »

La Grande Mère (chapitre un)

La conscience humaine a émergé infiniment lentement de la nature. Avant que nous ne prenions conscience de notre humanité, nous étions un animal, une plante, une pierre, de l’eau. Depuis des temps immémoriaux, le potentiel de la conscience humaine était dissimulé dans la nature, tout comme une graine enfouie dans la terre. Alors, très lentement, elle commença à se différencier de la nature. L’expérience de la vie sur cette planète est profondément inscrite dans notre mémoire : La vie, qui a évolué au cours des quatre milliards et demi d’années depuis sa formation, la vie en tant qu’hydrogène, oxygène et carbone; la vie en tant qu’infiniment petite particule de matière, la vie en tant qu’eau, feu, air et terre, la vie en tant que roche, sol, plante, insecte, oiseau, animal, la vie en tant que femme, qu’homme a évolué à partir de ces expériences éoniques. Le point a été finalement atteint où la vie planétaire a fait évoluer notre cerveau jusqu’ au langage, à la formulation de pensées, à la communication entre êtres humains au moyen du langage, à l’émission de sons ayant une signification, à l’invention de l’écriture en tant que moyen de transmettre des pensées. Au cours de ces milliards d’années, la vie sur notre planète a évolué de la conscience indifférenciée à la conscience individuelle de nos espèces. Tout ceci peut être décrit en tant que processus instinctif, chaque phase se fondant imperceptiblement dans la suivante.

La conscience individuelle et la conscience réflective telle que nous la connaissons maintenant sont un développement somme toute assez récent, pourtant la conscience en tant que modèle génétique présent chez la plante, l’animal et l’être humain, la conscience en tant que réflexe instinctif est transmis à l’intérieur de nous par le système cérébral reptilien et mamallien qui a mis des millions d’années à évoluer. De là est issue la conscience hautement différenciée du néo-cortex que nous appelons communément esprit rationnel. L’aptitude à penser, à raisonner, à réfléchir, à analyser, à emmagasiner de l’information et à la restituer à travers la mémoire, est en soi un développement des anciens systèmes cérébraux, et est interdépendant de ceux-ci, mais notre conscience est centrée sur la partie la plus récemment développée de nous-mêmes, et est en contact avec les racines à partir desquelles nous avons prospéré. Et que sont donc ces racines ? Notre conscience a-t-elle pour origine ultime la plus vaste conscience du cosmos ? Notre cerveau est-il un véhicule, tout comme toute vie planétaire est un véhicule de cette conscience cosmique ? Le cosmos est-il la source ultime de nos pensées, nos sentiments, de notre imagination fertile, de notre créativité de notre génie musical ? Ce sont les questions auxquelles la science ne peut répondre mais les traditions des civilisations anciennes ont beaucoup à nous offrir.

En tant que conscience évoluée, l’image sacrée était comme un cordon ombilical nous reliant aux profondeurs de la vie. Environ 25’000 ans av JC, peut-être bien avant encore, l’image de la Déesse en tant que Grande Mère était vénérée en tant qu’antre de la fertilité d’où naissait toute chose, la grande grotte d’où émerge l’être qu’elle met au monde et où retourne le défunt pour accéder à la renaissance. Jusqu’à aujourd’hui, la grotte demeure, dans le rêve ou l’expérience mystique, l’endroit de la révélation et de communion avec l’origine invisible de l’être. Les représentations les plus anciennes de la Grande Mère qui nous sont parvenues sont des silhouettes de la Déesse gravée sur la pierre, l’os ou l’ivoire il y a 22'000 ans. La Grande Mère a été imaginée pour transmettre l’image en trois dimensions du ciel, de la terre et du monde souterrain. Elle était le grand élan de vie reflété dans le rythme de la lune, du soleil, des étoiles, des plantes, des arbres, des animaux et des êtres humains. Tous étaient ses enfants et elle, la présence hiératique à l’intérieur de ses formes manifestées, les régénérant continuellement dans un processus cyclique qui n’avait ni début ni fin.

Cette expérience primordiale de la Grande Mère est la fondation des cultures ultérieures dans le monde entier. Elle est comme un arbre immense, dont les racines s’étendent hors d’atteinte de la conscience, dont les branches sont toutes les sortes de vie que nous connaissons, et dont les fleurs sont notre potentiel intérieur, un potentiel que seule une poignée de représentants de la race humaine a réalisé. En ces premières cultures paléolithiques dont les premiers peuples d’aujourd’hui sont les descendants, elle était la nature, elle était la terre et la dimension invisible de l’âme ou de l’esprit. Les individus étaient connectés à travers elle à la nature en tant que grand être, et à la grande voûte céleste en tant que partie de cet être, imaginé en tant que grande toile de la vie. Elle était le schéma invisible où les formations de l’énergie dont le système, intégré et interdépendant, de relations était respecté même s’il n’était pas compris. On pouvait en faire l’expérience en tant que loi, schéma profond réfléchi par toute forme de vie et strictement observé par son mode de fonctionnement, du mouvement des étoiles au plus petit des insectes. L’image de la Grande Mère était le reflet de quelque chose qui était ressenti profondément, que la source créative s’investit pour la vie qu’elle a mise au monde , dans le sens où une mère, animale ou humaine le fait instinctivement pour la vie de son propre petit ou enfant.

Pendant la période néolithique, une relation profonde s’établissait avec la terre au moyen de rituels de semence, de travail et de récoltes des champs, ainsi que de l’élevage du bétail destiné à la nourriture. Les images de la Grande Mère en tant que processus expérimenté de vie par la naissance, la mort et la régénération se développe et prolifère dans toutes sortes de différentes formes de la déesse. Le ciel, la terre et le monde souterrain étaient unifiés dans son être. En tant que désse-oiseau, elle était le ciel et les eaux porteuses de vie tombant de son sein sous forme de pluie, elle était les nuages, la terre d’où naissaient les champs qui nourrissaient la vie qu’elle supportait. En tant que déesse-serpent, elle était l’obscurité souterrainne – le mystérieux monde souterrain – qui recelait les sources cachées de l’eau appelée à devenir rivière, source, et lac et qui était également la demeure des ancêtres disparus. Elle était la mer sur laquelle les fragiles embarcations des explorateurs du Néolithique s’aventuraient vers l’inconnu. Elle était la vie des animaux, des arbres, des arbres, des plantes, et des fruits desquels ses enfants dépendaient pour leur survie. Que nous regardions en direction des figures de déesses de la vieille Europe ou de celles de Çatal Huyuk en Anatolie, ou plus à l’Est encore en Mésopotamie et dans la civilisation de la vallée de l’Indus, les formes de base sont les mêmes. Il est difficile pour notre conscience moderne d’imaginer comment on vivait dans la dimension de la Mère à cette époque, en participant au rythme de son être et comment ces images ont tenu les gens en contact avec leurs instincts, et étaient la fondation de leur foi fragile en la vie.

Ceci était la phase dans l’évolution humaine où les rituels magiques étaient censés garder la communauté en harmonie avec sa vie profonde : Rechercher sa faveur avec des offrandes qui amèneraient protection, et repousseraient son pouvoir de destruction. En relation avec la conscience humaine de cette période, l’image de la Grande Mère était hiératique et toute-puissante. Les découvertes sur le territoire de la vieille Europe et à Çatal Hüyük en Anatolie et dans la Vallée de l’Indus montre des cultures remontant jusqu’à 7000 av. JC ayant un sens profond de la relation avec la déesse-mère, où les femmes étaient engagées dans toutes sortes de travaux créatifs centrés sur sa vénération, où les édifices religieux et temples qui lui étaient dédiés abondaient, recelant de la belle poterie, des étoffes et des sculptures ainsi que des offrandes de gâteaux qui étaient faits en son honneur. C’était au Néolithique que les montagnes, les collines et les bosquets devinrent sacrés et que les sources et les puits devinrent des lieux de guérison. Il existe encore des endroits à travers le monde où des pèlerinages sont effectués vers ces sites sacrés.. Nous portons, dans les profondeurs de notre psyché les anciennes mémoires de la sacralité de la terre.

Les ères du Paléolithique et Néolithique nous ont apporté les plus anciennes images de la Grande Mère, mais aucune parole n’est parvenue jusqu nous. C’est seulement à l’époque de l’Age de Bronze que nous avons commencé à entendre la voix humaine, pour la première fois, nous pouvons entendre les hymnes adressés à la Grande Déesse de Sumer et d’Egypte. La voix de l’Eternel Féminin nos parvient, vivante, elle nous parle, réfléchie dans les paroles qui sont adressées à la déesse inscrites en hiéroglyphes sur les parois des temples égyptiens ou sur les tablettes cuites par le soleil de Sumer. Celles-ci révèlent une riche mythologie de l’Eternel Féminin qui pourrait bien avoir déjà quelques millénaires derrière elle. C’est à l’Age de Bronze que le sentiment de sacralité de la vie est clairement exprimé en mots – un sentiment qui est transmis à travers les hymnes et les prières à la déesse où lorsqu’elle s’exprime elle-même en grandes aretalogies qui nous sont parvenues à partir de l’Egypte et Canaan ainsi que par les remarquables textes gnostiques des premiers Chrétiens qui ont été découverts à Nag Hammadi. Dans ces derniers elle se proclame en tant que source, fondation ou matrice de toute forme de vie, sein fertile qui régénère éternellement les plantes, les animaux et les êtres humains, la force de vie qui attire le male vers la femelle, le pouvoir qui crée, détruit et transforme toutes les formes d’elles-mêmes. La déesse parle en tant que source et personnification de tous les processus instinctifs. Elle est la force de vie qui nourrit, compassionnée et bénéfique et toutefois terrifiante et implacable en tant que force de destruction qui peut néanmoins régénérer ce qu’elle a détruit.

Avec l’Age de Fer, qui commença vers 1200 av. JC, et le développement de la religion patriarcale; l’histoire de la déesse devient de plus en plus difficile à suivre alors que le dieu prend sa place en tant que dirigeant suprême du ciel, de la terre et du monde souterrain. Pourtant à l’Ouest, les grandes déesses de l’Age du Bronze sont toujours vénérées jusqu’au temps des Romains, et les déesses grecques et romaines, alors qu’elles se rapprochent des préoccupations de la civilisation en patronnant les aptitudes humaines et les arts créatifs, insufflent encore, à travers la dimension cosmique la figure de l’antique Grande Déesse. Dès lors, elles personnifient la sagesse, la vérité, la compassion et la justice. Elles reflètent l’harmonie divine, l’ordre et la beauté de la vie. Innana, Isis, Cybèle et Déméter constituaient le point central de la religion des Mystères, qui ont donné accès, aux cultures qu’elles présidaient, à une perception plus profonde de la vie que celui qui prévalait dans les religions populaires de l’époque. Le magnifique mythe lunaire d’Innana qui descend et s’en revient du monde souterrain pourrait être la fondation de l’image plus récente de la Shekhinah qui émerge dans la tradition mystique de la religion hébraïque. Par la célébration du grand festival en l’honneur de Déméter, le Thesmophoria, et les rites de son temple à Eleusis, les femmes et les hommes se voyaient remettre la vision de la vie éternelle et des mystères de l’âme.

L’héritage de l’Eternel Féminin dans la culture occidentale réside dans les grands thèmes mythologiques de la Quête qui nous dirige vers les racines de la conscience, la source ou la fondation de l’être : La déesse Isis rassemble les membres épars de son mari, Osiris, Ulysse retourne vers Pénélope sous la guidance e la déesse Athéna, Thésée suit le Fil d’Ariane à travers le labyrinthe crétois, le voyage de Dante dans le monde souterrain et son retour auprès de Béatrice, la quête médiévale du Saint Graal, toutes ces merveilleuses histories définissent le Féminin comme une présence immanente et un but transcendant.

Plus loin vers l’Est, en Inde, alors que les sages védiques exprimaient avec une clarté extraordinaire leur vision du divin au moyen de l’imagerie poétique sublime des Védas et des Upanishads, les poètes extatiques, dont les traditions appartiennent à une culture qui a existé longtemps avant les invasions aryennes, chantaient leur dévotion passionnée pour la déesse, alors qu’au Nord, le peuple des montagnes nommaient leurs plus hauts sommets en son honneur et la vénéraient en tant que dynamique du principe créateur, enfermée dans la béatitude d’une étreinte éternelle avec son divin consort. Encore plus à l’Est, les sages maîtres de la tradition taoïste n’ont jamais perdu leur compréhension chamanique, dont la relation avec la nature était la clef afin de rester en contact avec la source de vie. Ils n’ont jamais suivi les pratiques ascétiques des autres religions qui sacrifiaient le corps au nom de l’évolution spirituelle. Ils n’ont jamais été pressés d’atteindre le but de l’union avec le divin ou de renoncer au monde au nom de l’illumination. De toutes ces traditions, à l’exception de celles des premiers hommes, ils furent les seuls à séparer le corps de l’esprit, la pensée du ressenti, perdant ainsi contact avec l’âme. Ils ne se perdirent jamais dans les méandres de l’intellect et de ses constructions métaphysiques rigides, mais par leur patience et leur dévotion, ils furent capables de réaliser la difficile alchimie d’apporter l’harmonie à leur nature et à leur vie en général. Il n’ont pas perdu de vue l’Essentiel.

En regardant en arrière, dans le passé, vers l’évolution de la conscience humaine, il semble qu’elle se découpe en trois parties distinctes : Durant la première phase, largement définie comme ères Paléolithique et Néolithique, l’humanité a vécu de façon instinctive en tant qu’enfant de la Grande Mère, en harmonie magique avec son corps (réaction) en ayant connaissance de la vie et de la mort comme étant les deux aspects de la réalité divine. Cette expérience primordiale commença à s’estomper alors que nous développions graduellement la capacité de conscience de soi et de la pensée réflective, et avec cela, le pouvoir de développer la technologie et la prise de contrôle sur l’environnement. Pendant cette phase, la conscience humaine, se différencie de la matrice de la nature et la nature est alors imaginée comme un grand dragon; c’est-à-dire quelque chose qui doit être combattu, vaincu et contrôlé.

Durant cette phase de séparation, on assiste à un déplacement du centre d’attention, de la déesse vers le dieu et à une séparation radicale entre l’esprit et la nature, faisant de cette unité de la vie désormais une dualité. Le dieu s’identifie graduellement avec l’esprit, la lumière, l’esprit créateur et le bien et la déesse avec la nature, la matière, l’obscurité, le chaos et le mal. L’homme et la femme font partie d’un processus de différentiation. Les hommes s’alignent inconsciemment avec le dieu créateur et le principe de la lumière. Ils associent la femme avec la nature en raison de sa proximité avec elles processus instinctifs, les regardant alors en tant que créatures inférieures, comme le fait Platon dans son Timée. La mythologie et l’enseignement religieux commencent à représenter l’opposition entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, l’esprit et la nature, l’esprit et le corps. Pendant près de trois mille ans, dans les trois religions patriarcales qui ont évolué depuis le Moyen Orient , il n’y a eu aucune image de l’union, ni de la relation entre la déesse et le dieu, aucune dimension féminine pour apporter un équilibre à notre concept du tout. La perte de l’aspect féminin a mis en péril la civilisation et cela se reflète clairement dans l’accent qui est mis sur la conquête et sur le pouvoir sur la nature qui est devenu l’éthique de la culture moderne.

Pourtant, il est important de comprendre que cette division en deux aspects prend ses racines dans la dissociation de nous-mêmes, entre l’esprit conscient, rationnel et entre la profondeur, la matrice instinctive de l’âme à partir de laquelle elle s’est développée pendant des millénaires. C’est en raison de cette dissociation, si difficile à saisir et à comprendre jusqu’à notre siècle, que nous en sommes venus à diviser la vie en deux aspects : l’esprit et la nature, l’esprit et la matière. Nous sommes maintenant en train de découvrir cette séparation arbitraire basée sur l’expérience évolutionnaire de la séparation de la nature qui a été douloureuse mais nécessaire pour notre évolution. Nous avons besoin de redécouvrir notre relation perdue avec la nature et avec l’âme et ceci pourrait bien être la raison pour laquelle l’image de l’Eternel féminin revient en force de nos jours.

Pour quelle raison l’image de la Mère Divine est-elle si importante ? Pour répondre à cette question, il nous faut regarder un peu plus loin que notre propre expérience de la venue au monde. Tout d’abord, il y a l’existence de l’embryon dans le sein de la mère ; l’expérience de l’union, de la fusion et du bien-être ressenti dans les eaux nourricières de la matrice. Après le traumatisme de la naissance et de l’expulsion violente de la matrice, la prolongation de ces premiers sentiments de relation étroite, de confiance, de sécurité est vitale. Sans les soins attentifs et l’amour de la mère pendant les premiers âges de la vie, l’enfant ne peut avoir confiance en lui-même, il n’a pas le pouvoir de survivre aux expériences négatives de la vie, aucun modèle à partir duquel il peut apprendre à se nourrir et à prendre soin de lui-même ni pour prendre soin de ses enfants à son tour. Sa toute première réponse à la vie est l’anxiété et la peur. Comme un arbre sans racines, malmené par la tempête, ses instincts sont traumatisés et endommagés. Avec l’amour de la mère et la confiance en sa présence, l’enfant grandit dans la force et la confiance et le plaisir en lui-même et en la vie. Sa première réponse à la vie sera la confiance.

Sans cette expérience, la vie devient menaçante et terrifiante. Sans elle, l’effort de vie épuise et désespère. Une anxiété intense et constante signifie qu’il n’existe aucun repos, aucune possibilité de solitude ; pas de sentiment que la vie est quelque chose en quoi on peut avoir confiance, qui aime, entraide, guide et soutient. Sans cette image positive de l’aspect féminin, la peur, telle un parasite mortel, envahit l’âme et affaiblit le corps. Ces cultures qui n’ont pas d’image forte de l’Eternel Féminin, sont vulnérables au sentiment immensément intense de peur et d’anxiété, particulièrement lorsque l’accent est mis sur le péché et la culpabilité dans ses enseignements religieux. La compensation à cette peur est un besoin insatiable de pouvoir et de contrôle sur la vie. L’appétit du cœur humain pour une image de la Mère Divine qui, comme un cordon ombilical , le reconnecte au Sein de l’Etre, restaurant le sens perdu de confiance et de maîtrise dans une dimension qui peut se situer hors de portée de notre intellect, pourtant accessible via nos instincts les plus profonds.

Ceux qui, pendant des siècles ont été les transmetteurs des traditions patriarcales peuvent ne pas apprécier la profondeur de ce besoin; ressenti avec tant d’acuité aussi bien par les hommes que par les femmes. En personnifiant le Père transcendant avec les attributs qui lui sont traditionnellement associés avec la Mère, ils ont, dans une certaine mesure, accepté ce besoin humain. Mais, de même que c’est la présence de la mère qui rassure l’enfant, ainsi est l’image de La Mère Divine qui guérit et console, soutient et encourage; l’image qui éveille le sentiment de confiance et de maîtrise car elle reflète notre expérience personnelle de notre maîtrise dans le sein maternel et de nos premières relations humaines.

C’est pourquoi l’image de l’Eternel Féminin nous revient maintenant, afin de nous aider à retrouver non seulement le sens de la confiance en la vie, mais aussi celui des relations avec une dimension de conscience que nous avons, dans notre recherché de contrôle du monde, ignorée. Nous sommes nous-mêmes étonnés par le trésor que nous avons rassemblé dans ce livre et espérons qu’il puisse ouvrir la conscience des gens à la beauté et au pouvoir des textes qui ont été glanés dans le monde entier. Parce que la connaissance des symboles que l’âme utilise en rêve pour communiquer sa guidance et sa sagesse est essentielle à une compréhension de nous-mêmes, et une plus grande dimension dans laquelle nous vivons, le prochain chapitre en explorera quelques unes bien qu’il soit impossible de leur faire justice en quelques pages. L’œuvre de Carl Jung, Erich Neumann et Marija Gimbutas peuvent amplifier la petite contribution que ce chapitre tente d’offrir.

Andrew Harvey & Anne Baring, The Divine Feminine
Conari Press Berkeley, CA
ISBN 1-57324-035-4 (hardcover)
(Un livre vivement recommandé, probablement le meilleur parmi les ouvrages disponibles)


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NOTE: Si vous avez accédé à cette page grâce à une recherche sur le web, vous souhaitez peut-être consulter les sites figurant dans la liste ci-dessous dans lesquels des sujets en rapport avec celui-ci sont discutés en détail afin de promouvoir la paix globale, l’harmonie religieuse et le développement spirituel de l’humanité ( en Anglais seulement pour le moment) :

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www.al-qiyamah.org/
www.adi-shakti.org/— Divine Feminine (Hinduism)
www.holyspirit-shekinah.org/— Divine Feminine (Christianity)
www.ruach-elohim.org/— Divine Feminine (Judaism)
www.ruh-allah.org/— Divine Feminine (Islam)
www.tao-mother.org/— Divine Feminine (Taoism)
www.prajnaaparamita.org/— Divine Feminine (Buddhism)
www.aykaa-mayee.org/— Divine Feminine (Sikhism)
www.great-spirit-mother.org/— Divine Feminine (Native Traditions)









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